Lifting Deep Plane vs plicature du SMAS : la technique la plus tendance est-elle vraiment la meilleure ?

Sur les réseaux sociaux, le verdict semble unanime : le lifting Deep Plane serait la technique « nouvelle génération », supérieure en tout point à la plicature du SMAS, plus ancienne. Mais que disent réellement les études scientifiques quand on compare les deux techniques sur des critères objectifs ?

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Ce qui est établi anatomiquement

Le Deep Plane permet une mobilisation plus profonde des tissus du milieu du visage, grâce à une libération complète des ligaments de rétention. Cet avantage anatomique est largement reconnu et documenté dans la littérature chirurgicale. La vraie question n’est pas là : elle est de savoir si cette mobilisation supplémentaire se traduit concrètement par un meilleur résultat pour le patient.

Ce que montrent les études comparatives

Une première étude, publiée au début des années 2000, a fait évaluer en aveugle, par plusieurs chirurgiens expérimentés, des photos avant/après de patients opérés pour moitié en Deep Plane et pour moitié par plicature du SMAS. Résultat : non seulement le Deep Plane ne faisait pas mieux, mais ce sont globalement les plicatures qui ont été les mieux notées chez les patients de moins de 70 ans. Le Deep Plane n’obtenait un léger avantage que chez les patients de plus de 70 ans.

Une étude prospective plus récente, portant sur 70 patients tous opérés par un même chirurgien pratiquant indifféremment les deux techniques, n’a trouvé aucune différence significative entre les deux approches.

Enfin, un article récent, cosigné par James Stuzin et Rod Rohrich deux des chirurgiens du visage les plus reconnus au monde conclut que les techniques Deep Plane, qui poussent la dissection au-delà des ligaments de rétention, n’ont pas démontré d’amélioration significative au niveau du milieu du visage, ni une meilleure durabilité des résultats dans le temps.

Ce qui fait réellement la différence

En pratiquant les deux techniques, ma conviction est que ce n’est pas le nom de la technique qui détermine le résultat, mais la manière dont elle est exécutée. Ce qui compte vraiment :

  • Personnaliser la chirurgie à l’anatomie de chaque patient, plutôt que d’appliquer un protocole standard
  • Adapter l’étendue du décollement au besoin réel, sans excès
  • Choisir les bons vecteurs de traction
  • Repositionner correctement la graisse faciale
  • Traiter la zone temporelle lorsque c’est nécessaire

Ce sont ces éléments de personnalisation, bien plus que le choix entre Deep Plane et plicature du SMAS, qui ont un impact réel sur le résultat final.

Le Deep Plane a un intérêt anatomique réel, notamment chez les patients plus âgés. Mais présenté comme une technique universellement supérieure, c’est un raccourci que la littérature scientifique ne confirme pas. Le critère à privilégier pour choisir un chirurgien n’est pas la technique qu’il annonce, mais sa capacité à adapter son geste à chaque visage.

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