Double réimplantation de bras: La chirurgie exceptionnelle du docteur Sylvain David n’était pas une chirurgie esthétique

La nuit qui m’a fait devenir un meilleur chirurgien esthétique à Nice.
Ce soir-là, je bouclais mon sac. Week-end. Le téléphone sonne : le SAMU.
Une jeune femme vient de coincer son bras dans une machine à pâtes, dans le restaurant où elle travaille. Je pars en urgence.
Sur place, le verdict tombe, brutal. Il faut amputer, au niveau du bras et de la main. On évacue la patiente vers le CHU. Son membre fait le trajet avec elle, dans une glacière.
Direction le bloc
Devant nous : un bras et une main à réimplanter. Deux internes, une équipe, et quatorze heures d’intervention qui démarrent.
On reconnecte tout, un élément après l’autre. Les os. Les nerfs. Les artères. Les veines.
Le bras terminé, on ne souffle pas : la main attend son tour. Il faut tout recommencer.
Quand on sort du bloc, il est 4 heures du matin. L’équipe est vidée. Mais le bras et la main sont vivants.
On ne fait jamais ça seul
À ce niveau d’exigence, un chirurgien n’est rien sans les autres. Cette nuit-là, j’ai eu la chance d’être entouré : les infirmiers, les internes, les conseils du chef de service.
Une réimplantation de cette ampleur, c’est une équipe entière qui tient un pari ensemble, heure après heure.

Ce que cette nuit m’a appris
Aujourd’hui, je pratique la chirurgie esthétique. Le décor n’a plus rien à voir : plus d’urgence vitale, plus de glacière, plus de compte à rebours.
Mais le geste, lui, n’a pas changé.
La précision. Le soin du détail. Cette exigence qui ne laisse rien au hasard, qu’il s’agisse de reconnecter une artère de moins d’un millimètre ou d’ajuster un tracé esthétique au demi-millimètre près.
Ce que le bloc m’a enseigné cette nuit-là, je le remets en jeu à chaque intervention.
