Décès d’une jeune femme dans un institut de beauté: produits venue d’Asie, le fléau des injections illégales

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Plusieurs jours après la mort d’une jeune femme dans un salon de beauté à Nice, trois personnes ont été mises en examen, notamment pour homicide involontaire et exercice illégal de la médecine. Le décès est survenu à la suite d’une injection de lidocaïne pratiquée dans les fessiers.

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L’enquête avance et le déroulé des faits se précise progressivement. Trois personnes ont été mises en examen après la mort, le lundi 27 juillet, d’une femme de 25 ans dans un institut de beauté niçois. Elle a été emportée par un arrêt cardio-respiratoire, indique le parquet dans un communiqué diffusé ce jeudi et confirmant les révélations de Nice-Matin.

« Après avoir subi une injection de lidocaïne, produit anesthésiant, avant l’injection du botox [dans les fessiers], elle faisait immédiatement un malaise. Malgré une tentative de réanimation pratiquée par la personne ayant procédé à l’injection puis une intervention rapide des secours, la jeune femme décédait sur place », rapporte le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.

Confiée au service local de la police judiciaire, l’enquête a notamment été ouverte pour homicide involontaire, mise en danger d’autrui et exercice illégal de la médecine. Dans ce cadre, la personne ayant réalisé l’injection ainsi que la gérante de l’établissement ont été mises en examen, puis placées en détention provisoire. Un homme de 32 ans l’époux de l’injectrice, âgée de 36 ans a lui aussi été mis en examen et soumis à un contrôle judiciaire.

L’avis du docteur Sylvain David

« Il y a déjà eu deux morts en France et il y en aura d’autres. En tant que chirurgien esthétique, je considère qu’une telle procédure doit impérativement se dérouler en milieu médical, afin de garantir les conditions de sécurité indispensables. Pour ma part, je ne réalise pas ce genre d’injections fessières dans mon cabinet. »

« Plusieurs mécanismes peuvent expliquer un décès aussi brutal après une injection de lidocaïne. Le plus redouté est ce qu’on appelle la toxicité systémique des anesthésiques locaux : si le produit passe massivement dans le sang par surdosage ou parce que l’aiguille a atteint par accident un vaisseau, la lidocaïne n’anesthésie plus seulement les nerfs locaux, elle bloque le cœur et le cerveau. On observe alors des convulsions, puis des troubles du rythme cardiaque pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardio-respiratoire.

Ni formation ni autorisation

Selon le ministère public, celle qui a procédé à l’injection « ne disposait ni de réelle formation ni d’autorisation pour pratiquer des injections qu’elle réalisait à la demande » ; cette pratique illégale remonterait à 2022. La trentenaire a par ailleurs admis recourir à des « produits réglementés réservés à un usage médical ». Devant les enquêteurs, elle s’est décrite comme une esthéticienne de la région parisienne, en vacances dans le Var, où la gérante du salon l’aurait sollicitée pour intervenir.

Présent lors de l’arrêt cardiaque de la cliente, le mari de l’injectrice aurait quitté les lieux avec des produits compromettants « emportés à la demande de sa conjointe ». Il s’est présenté de lui-même au commissariat le lendemain, affirmant ignorer le caractère illégal de l’activité de son épouse.

La gérante, quant à elle, a reconnu avoir « elle-même pratiqué des injections avant d’arrêter ». Le magistrat souligne que « l’enseigne apparaissait sans existence administrative et fiscale » et que cette femme était « connue pour des manquements dans le cadre de procédures de contrôle ». Elle a aussi avoué louer fréquemment son local « à des intervenants extérieurs, avec le plus souvent des paiements en espèces sans savoir, selon ses dires, ce qui y était pratiqué », note le parquet.

Des produits venus d’Asie

Officiellement, ce centre esthétique ouvert depuis juillet 2024 propose des soins des ongles, des cheveux et des cils, mais aucune injection. Pourtant, lors de la perquisition, « de nombreux produits neufs et usagés, notamment des médicaments et des produits injectables manifestement en provenance d’Asie » ont été découverts, aux côtés de 1 500 euros en espèces, révèle également Le Figaro.

À ce stade, aucun lien ne peut être formellement établi entre le décès de la cliente et les injections illégales. L’autopsie et les analyses toxicologiques devront éclaircir les causes de cet arrêt cardiaque soudain. Interrogé par Paris Match, le docteur Cyrille Devoir, urgentiste et médecin esthétique dans le Val-de-Marne, juge « dangereux de voir ce type d’offres se développer », en particulier pour les « injections volumatrices du corps concernant les fessiers ».

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